L'avantage de l'enfer, c'est qu'il a un fond. Ainsi, lorsqu'on l'atteint, il suffit de savoir reprendre une bonne et forte impulsion pour s'en dégager, réintégrer le monde terrestre, repartir à zéro.
C'est ce qu'il m'est arrivé avec lui. Le seul qui a autant persévéré, sans que je comprenne encore pourquoi mais sans que j'oublie de l'en remercier chaque jour.
Il s'est glissé dans un creux laissé sale et béant par un être cher, si différent, si déroutant.
L'intérêt, ou l'inconvénient, comme on voudra, c'est qu'il m'est impossible de le cerner, de prévoir ses réponses, de finir ses phrases. Signe de non-osmose ? Je ne crois pas.
Le plus touchant avec les êtres durs, c'est quand il dévoile leur tendresse, trahisse leur coeur tout mou.
Il m'a fait découvrir le câlin version "putain rien que ça c'est une raison de vivre". Il m'a fait passer par des extrèmes façon "plus jamais je meurs ainsi mais putain je veux encore aimer comme ça."
J'ai appris à refouler ma phobie du genre humain, à désacralyser le sexe opposé, à relativiser des comportements hasardeux.
Je n'ai pas terminé, j'ai encore tant de chose à faire, avec, grâce à lui.
On s'est rencontré trop tôt, trop souvent battu. Je t'ai trop donné, tu as érigé des murs qu'il m'est encore difficile d'abattre.
Si je devais retenir quelque chose sur le plan humain cette année, ce serait lui, dans le positif exclusivement, parceque dans le négatif, j'ai accumulé un tas de péripéties.
J'ai recousu ma plaie, j'ai fais mon deuil. Il m'arrive encore souvent de t'avoir dans mes rêves, ce n'est pas grave.
"Avec plaisir je viendrais." je dis. Si on m'avait vu sourire, on n'y aurait pas cru.

