J'ai l'esprit carré mais là, j'en suis presqu'écoeurée. Je ne me serais pas étonnée de publier ici-même ce tableau des examens mais je le connais tellement sur le bout des doigts malgré moi que je ne ressens même pas l'utilité de le publier ici. Pourtant j'aime.
J'ai cependant calculé (bah oui, j'ai la tête pourtant vachement ronde, mais je reste carré) que si j'abandonnais tout espoir de révision de la Procédure civile, je pourrais peut-être m'en sortir.
3 bonnes raisons de ne pas réviser la Procédure civile :
- Je ne suis pas allée aux CM.
- Je n'ai toujours pas le code.
- C'est nul.
Notez l'égale pertinence de chaque argument. N'est-ce pas.
Donc, il en est ainsi, je condamne 50 pages word, time, police 11, et je peux m'en sortir vivante. Je peux.
J'ai jusque là l'impression d'avoir réussi ce que j'ai entrepri vaillamment (oui, deux années d'un coup, c'est pas simple) et je préfère le souligner avant que cela ne change !
Allez savoir pourquoi cette année j'ai la pression. Il me manque mon semestre 3 peut-être ? Certes. Ou peut-être que je me dis qu'envisager une autre année à Lyon II *cligne des yeux*, ah non non, ce n'est pas possible.
C'est aussi une histoire d'ego. Les voir évoluer en master, moi en licence (pire, en L2). Et puis je peux le faire merde. Et puis si je réussis, peut-être que je m'en vais. Peut-être que c'est le moment pour moi, peut-être pas. Tout dépend où. Tout dépend qui.
Beaucoup de choses m'ont quitté. Beaucoup de passion m'a un jour animé. Je n'ai sans doute plus de rêves, plus d'avenir au pluriel. Je n'ai que moi.
Si l'on m'avait énoncé ce que je perdrais dans les années à venir, si l'on m'avait dressé la liste à un instant T, j'aurais pris sacrément peur. Et puis en fait.
C'est un éternel recommencement. Un fait, plus ou moins long, une succession de sentiments passionnés et puis une grosse souffrance, lourde et longue, et puis le néant pour finir, l'absence de réaction face à ces souvenirs, on devient presque intouchable là où un simple effleurement retournait les sens.
J'ai tout de même développé des réticences, voir mêmes des phobies. Il ne me cesse de lever les yeux au ciel, de pincer les lèvres et me taire. Il y a longtemps que je parle peu.
Je combat mes haines en étant à l'autre extrême.
Je suis froide. Je suis calme. Je suis silencieuse. Je suis posée. Je suis sérieuse. Je suis mature. Je suis à moi. Je suis moi. Je suis grande.
J'ai un alter ego. C'est fou. C'est rare. C'est rassurant. Et ça ne signifie pas que c'est merveilleux. C'est juste... Exceptionnel.

