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# Posté le dimanche 08 novembre 2009 08:40

Black sheep.


Parceque je devrais voir un psy. Je le sais. Parcequ'au delà d'un an, cela signifie que je ne pourrais m'en sortir seule, d'aucune manière, aussi radicale soit-elle.
J'ai tout tenté. Sauf.
Parceque France 5 m'aime, que ce sujet était pour moi, qu'il ne m'a pas aidé et a même peut-être réveillé le Lucifer qui est en moi.
Ce que je sais, c'est que je n'y parviendrai pas seule. Mais qu'admettre que je dois franchir la porte d'un spécialiste, c'est reconnaître que j'ai un problème. Et ça.
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Check point.

x Partiel d'Italien. Suceeded.
x Partiel de droit public des biens sous peu (liquéfaction, nausée).
x Concert d'Epica mercredi soir (happyness).
x Dîner chez moua.
x Bisounours. Indochine (happyness).


Black sheep.
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# Posté le mardi 03 novembre 2009 09:20

"You are not my friend", she said. "Yes I am" she answerd, "That's why I'm so rude."


J J

J. me disait que les deuxièmes chances, c'était peut-être du vent. Un vaste remake de la médiocrité de l'actuel. Il fumait, avait des difficultés à aligner tout ce qu'il alignait parcequ'il devait sans cesse tirer son irritante clope.
Il me disait que j'étais sans doute en train de cogiter sur un truc appelé l'espoir. Encore un terme à la con, il ricanait, bon pour les faibles.
Piquée, je lui ai rétorqué que je n'étais néanmoins pas faible pour tout. Juste avec cette personne, juste avec elle.
Il n'aimait pas non plus que je le rembarre alors il s'était penché en avant, pour se rapprocher de moi et avait posé une rafale de questions, pour me perdre.
Pourquoi elle ? Ais-je un jour prétendu au bonheur d'être ce que que nous étions ? Ais-je seulement un jour reconnu un instant X comme étant celui de référence, où j'aurais été parfaitement sereine, comblée et saine d'esprit ? Vers quel retour je songerais ?
Il a encore tiré une taffe, il m'agaçait, c'était sans doute pour ça que je l'aimais autant lui aussi. Il continuait.
Est-ce que tu lui as dit ? La culpabilité n'a t-elle pas un jour été tienne ? Se sent-elle seulement coupable ?! Il haussait la voix, je l'ai coupé. J'avais des choses à rétorquer à son sujet, mais non.
La médiocrité. Ni lui ni moi ne le supportons. A défaut de m'aider, il sait. Et ça suffit. De savoir l'autre. De ne pas avoir besoin d'ouvrir la bouche pour se parler, ni même de se regarder pour deviner.
Un jour, c'était comme ça aussi, avec elle. Avec elle.
Sans elle ? Je prenais peur, il a repris le fil de mes pensées. Il me dit que non, ce n'est jamais sans, l'absence n'atise rien, elle creuse, efface, ronge, jusqu'à ce qu'il n'y est plus rien. Il me dit que c'est la médiocrité l'essence même de cette torture. Non, il s'est repris, dissipé la fumée d'un geste agacé. Non, c'est le souvenir. Si l'on avait pas de souvenir, rien ne serait comme ça. Chaque instant serait découverte et non regret, nostalgie. Il enfonce le clou, me dit que je crois peut-être en quelque chose de mort, que je parle même peut-être à une défunte. Mon coeur s'était mis à battre fort, pourquoi il me disait ces choses là ? Le passé est le passé. Non, ce n'est peut-être pas la même personne, presque au sens propre, il s'était exclamé !
Mais... Il s'était adouci, mes suffocations lui inspiraient certainement de la pitié. Les gens ne changent pas tout seul, il a dit, c'est une affaire de contacts, de relations sociales. C'est les autre qui modifient à leur guise, modèlent selon leur guise. Il a fait un petit geste de la main et haussé les sourcils, avachi. S'il n'y avait pas les autres, il conclu, il n'y aurait plus que vous.


J J

"Pourquoi ?" m'a t-il demandé. "Parcequ'il n'avait personne d'autre à aimer.", j'ai répondu.

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# Posté le mercredi 21 octobre 2009 16:07

Modifié le jeudi 22 octobre 2009 04:17

Page 305-306. Ghosts I-IV. Je dis. Si la plume des pages n'est pas le reflet de l'âme, alors c'est qu'aucun miroir n'a ce pouvoir.


Ça y est, la faille se referme, Adrien hausse les épaules avec un froncement de sourcils et commence à faire demi-tour.
Qu'est-ce qui a poussé Jack à tendre le bras pour saisir le sien ? Il ne sait pas vraiment. L'instinct de survie ? Parce que sans ce garçon, rien n'est possible. Ou l'amour ? Purement et simplement. La peur de s'enfoncer dans le pire ? Un peu de tout ça.
Sa poigne est ferme et elle surprend le mannequin qui est cassé dans son élan. Fatalement, il revient en arrière et entre en contact avec tout le corps de Jack qui le ramène dans l'entrée de l'appartement.
« Lâche-moi. » tente Adrien d'une voix cassée.
« Je peux pas te laisser partir sans rien faire Adrien, pourquoi t'agis comme ça ? C'est pas ce qu'on veut toi et moi, pas après tout ce qu'on a vécu ensemble... »
Non. Non, pas ce discours, pas de larmes sur leur passé à deux, pas d'ellipse sur les temps où ils étaient heureux ensemble... Pitié...
« T'as toujours voulu que ça se passe bien Adi... J'ai pas envie qu'on se déteste, ce serait tellement du gâchis, tu sais que j'ai des sentiments forts pour toi, je veux pas te perdre ni laisser la haine s'installer entre nous. Aide-moi... »
Il lui saisit l'autre bras, entrave Adrien de ses mouvements, dos au mur. Il n'est pas violent pour autant, il ne lui impose pas vraiment de rester là à l'écouter, en vérité, il le soutient même presque. Il sent qu'il repousse au maximum l'échéance, il va craquer, éclater en sanglots ou quelque chose comme ça et c'est ce point de non retour que Jack cherche à atteindre. Laisser jaillir le vrai Adrien de derrière ce masque qui est trop lourd à porter pour lui.
« Dis moi ce qui se passe Adrien, frappe moi, parle moi mais fais quelque chose, sois pas froid et comme un étranger avec moi, pas après qu'on se soit aimé comme ça... »
Le mannequin s'affaisse, grimace tant la boule dans sa gorge le sert fort, il ne peut pas s'exprimer. Il sent les bras de son ex l'entourer davantage, le soutenir. Sa joue heurte sa poitrine. Douce, ferme, tiède.
Il se met à pleurer, il n'en peut plus, les images qui l'assaillent sous ce contact sont intolérables. Il a trop de fois serré ce corps contre lui pour admettre ni même concevoir qu'un autre homme puisse s'endormir les sens perdus contre sa peau.
La jalousie, oui, le besoin de savoir qu'il n'existe que pour lui, oui. Mais aussi la douleur de savoir qu'il n'en est plus rien depuis qu'il a pris la décision de partir, de le laisser sur le bord du chemin. Je t'ai laissé mourir d'amour pour moi...
Jack ne comprend pas bien tout ce qui peut traverser le corps et l'esprit de son ex échoué dans ses bras. Il ne l'enlace pas, il s'accroche plus à lui pour ne pas tomber. Est-ce qu'il pleure parce qu'il le blesse ? Parce qu'il énonce une vérité qu'il s'efforçait de noyer ?
Il plonge ses doigts dans ses cheveux et appuie sa tête contre son torse, réalisant à quel point l'avoir contre lui est un besoin impérieux, une question de vie ou de mort.
Il relève son visage et croise son regard embrumé, son regard incandescent dans ses iris noirs. De la souffrance, c'est évident. De quoi souffre t-il ? De qui ?
Pudique, Adrien détourne la tête, conserve en mémoire le regard interrogatif de Jack. Une vague de souvenirs déferlent dans sa tête : une autre étreinte où il lui a pleuré dans les bras, ses grandes mains qui encadrent son visage et sa voix sombre qui lui confie son amour, son corps nu sur le sien secoué par l'orgasme...
Pas de pensées charnelles... Lui qui prétendrait ne faire ça que par amour, que parce que c'était lui... Le sexe pour le sexe ça m'intéresse pas. Sa naïveté d'y avoir cru...
« Lâche moi. » il grogne d'une voix encombrée.
Jack ne bouge pas, sent son ex tressaillir, changer d'état.
T'as couché avec Lucas. Et tu l'as voulu, je t'ai vu, j'étais là, tu l'as fait pour me faire du mal, tu l'as fait exprès.
« Lâche-moi ! » il répète en criant d'une voix étranglée de larmes. Il se cambre, se redresse, le repousse. Dieu que c'est dur, le repousser, encore et encore. Mais il ne peut pas, la souffrance est trop forte, trop aliénante, l'étreinte est trop contradictoire.
« Adi, s'il te plaît, dis moi ce que je dois faire.
- Ne fais plus rien Jack, reste loin de moi, loin... » il ne peut pas finir sa phrase, plonge la tête dans ses mains, assailli d'une nouvelle vague de larmes. Coupe le cordon putain ou je vais crever.
La porte est toujours ouverte, Jack est à un bon mètre de lui, il peut partir, sortir, s'enfuir.
« Laisse moi, je veux plus savoir ce que tu fais, tu comprends pas que j'en ai pas rien à foutre, je veux pas être atteint, je veux réussir à vivre sans toi. »
Sur cette confession, il passe le seuil de la porte et dévale l'escalier, sans vraiment courir mais sans traîner non plus.
Jack encaisse le message et le poursuit, s'écrase contre la rambarde et crie son prénom à plusieurs reprises. Le mannequin ne s'arrêtera pas.



And sometimes, life's reborn from unknow earth, from unknow heart.

 Page 305-306. Ghosts I-IV. Je dis. Si la plume des pages n'est pas le reflet de l'âme, alors c'est qu'aucun miroir n'a ce pouvoir.

# Posté le vendredi 09 octobre 2009 17:39